
Peut-être vous êtes-vous déjà posé cette question… ou même déjà essayé ? En tout cas, elle touche à l’un des plus grands débats de l’histoire de la Physique : la théorie de l’éther luminifère, un milieu hypothétique censé permettre à la lumière de se propager. Selon une idée de Fresnel datant de 1818, en soufflant de l’air vous entraîneriez partiellement l’éther et seriez ainsi capable de dévier la lumière. Bien que Michelson et Morley montrèrent en 1887 que l’éther ne pouvait pas exister, l’expérience historique de Fizeau de 1851, utilisant de l’eau en mouvement, donna raison à Fresnel sur le fait que les milieux transparents en mouvement pouvaient entraîner partiellement la lumière dans leur mouvement. Cet effet étant bien réél, dans quelle mesure est-il perceptible ? Est-ce que certains milieux permettent une déviation plus grande ? Le mouvement provoque-t-il d’autres effets sur l’onde qu’une simple déviation ?
Pour répondre à ces questions, je ne m’essouffle pas, je manipule plutôt des équations pour faire parler les lois fondamentales de la Physique, à coups d’approximations judicieuses ! Cette étude théorique permet de prédire la trajectoire des ondes électromagnétiques dans un milieu en mouvement ou même de révéler des effets du mouvement encore inconnus sur des propriétés intrinsèques de l’onde. Des résultats qui pourraient s’avérer utiles pour les réacteurs à fusion nucléaire qui ne sont rien d’autre que des fours à micro-ondes géants chauffant du plasma en mouvement !
Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’une thèse intitulée « Propagation des ondes dans les plasmas en mouvement », financée par le projet ANR « WaRP » (ANR-21-CE30-0002) et encadrée par Renaud Gueroult.
