Lucas Dassin

Laboratoire d’Etudes en Géophysique et Océanographie Spatiales - CNRS UMR5566

Que peuvent nous apprendre les satellites sur le surf ?

 

« Améliorer notre compréhension des vagues dans les eaux côtières peu profondes à des profondeurs de quelques mètres seulement est crucial pour mieux prévoir et anticiper les inondations côtières, l’érosion du littoral et le transport des polluants. Si l’observation satellitaire s’est avérée efficace pour mesurer avec précision les vagues éloignées des côtes, elle reste limitée à l’observation de ces dernières. En bord de mer, dans la zone de déferlement, où la profondeur de l’eau, généralement, ne dépasse pas quelques mètres, la télédétection spatiale n’est pas encore utilisée pour étudier la dynamique des vagues océaniques, en raison de limitations techniques. L’émergence de nouvelles technologies dans le cadre de missions spatiales récentes pourrait transformer cette situation, en permettant l’observation et la surveillance des vagues dans les régions côtières à l’échelle mondiale. Cette avancée est essentielle pour de nombreuses applications socio-économiques, ce qui en fait un élément central de cette thèse.

Pour la première fois, le potentiel de récentes missions satellitaires va être utilisé pour capturer la dynamique des vagues océaniques sur une zone géographique unique, dans des eaux très peu profondes, le delta du Gange. Le delta du Gange se caractérise en effet par une pente exceptionnellement douce, c’est-à-dire des profondeurs d’eau inférieures à 10 mètres, même à des dizaines de kilomètres au large, permettant ainsi l’observation de la zone de déferlement sans être limité par les capacités des satellites pour l’observation des mers en milieu côtier.
Les principaux objectifs du doctorat sont les suivants :
(1) effectuer des comparaisons détaillées entre les données sur les vagues océaniques obtenues à partir de missions satellitaires récentes et des modèles numériques ;
(2) étudier l’impact de l’état de la mer en eaux peu profondes sur les mesures faites par les satellites dans ces zones ;
(3) développer des corrections pour améliorer les algorithmes de traitement des données ;
(4) évaluer le potentiel des données spatiales pour capturer divers processus physiques en eaux peu profondes, notamment la transformation des vagues ou la dissipation d’énergie au fond ;
(5) améliorer les modèles numériques des vagues et des courants.
 
Cette thèse devrait fournir des informations cruciales sur la dynamique des vagues océaniques dans les eaux très peu profondes et contribuer à améliorer le traitement des données spatiales dans ces environnements extrêmes. »

Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’une thèse intitulée Potentiel de la télédétection spatiale pour l’observation de la dynamique des vagues par très petits fonds, financée par l’Université de Toulouse et encadrée par Florence BIROL et Yann KRIEN.

Dassin Lucas