
Les cancers de la tête et du cou sont particulièrement agressifs et développent souvent une résistance aux traitements, ce qui rend leur guérison très difficile. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre comment les cellules cancéreuses survivent face à la thérapie.
L’un des mécanismes qui leur permet de résister s’appelle l’autophagie. Ce processus de recyclage interne existe dans les cellules saines, mais il peut être amplifié dans les cellules cancéreuses pour résister aux traitements. Il est donc important d’étudier comment l’autophagie est augmentée dans ces cancers afin de trouver des moyens de la bloquer.
Dans ma thèse, je m’intéresse au rôle de l’ARN messager dans le contrôle de l’autophagie. L’ARN messager fonctionne comme une notice de montage : il contient les instructions nécessaires à la fabrication des protéines impliquées dans l’autophagie. Mais parfois, comme une notice mal traduite qui complexifierait la fabrication du meuble, l’ARN messager peut se replier en structures particulières, appelées G-quadruplexes, qui compliquent sa lecture et ralentissent la production des protéines. Ainsi, si les protéines de l’autophagie sont produites plus lentement à cause de ces structures, l’autophagie sera diminuée et les cellules cancéreuses seront moins capables de survivre face à la thérapie.
L’objectif de ma thèse est donc de déterminer si ces structures G-quadruplexes ont un rôle dans le contrôle de l’autophagie dans les cancers résistants aux traitements. Si c’est le cas, elles pourraient devenir des cibles thérapeutiques pour rendre les cellules cancéreuses plus sensibles aux thérapies.
Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’une thèse intitulée « Rôles des structures ARN de type G-quadruplexe dans la traduction d’ARNm de l’autophagie liée à la résistance aux thérapies “, financée par “ le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) (concours de l’Ecole Doctorale)” et encadrée par « Anne Cammas et Stefania Millevoi ”.
