Léa Védrine

Laboratoire des Interactions Plantes Microbes Environnement, UMR2594
LIPME

Bactérie, Humain, même combat pour ne pas mourir

 L’ADN est une macromolécule regroupant toutes les informations génétiques nécessaire à la fabrication et au développement d’un organisme vivant. Les bactéries – comme les humains – sont constamment soumises à des stress qui peuvent conduire à la formation de cassures de l’ADN, dont des cassures double-brin (CDB). Ces cassures peuvent entrainer la mort si elles ne sont pas réparées. Pour cela, les bactéries ont développé deux systèmes majeurs de réparation des CDB. L’un des deux systèmes est appelé la NHEJ (Jonction des Extrémités Non-Homologue). La NHEJ est un processus basé sur le maintien des extrémités cassées de l’ADN à proximité l’une de l’autre, suivi d’une étape de maturation des extrémités permettant de les rendre compatibles, puis de les lier. Ce processus est connu chez l’Homme depuis les années 80, mais découvert qu’en 2001 chez les bactéries. Les études menées jusqu’à présent chez les bactéries ont permis d’établir un modèle simple impliquant seulement deux protéines : Ku et LigD, contre une dizaine de protéines chez l’Homme. La plupart de ces études ont été conduites chez des espèces bactériennes possédant un seul exemplaire des protéines Ku et LigD. En revanche, certaines espèces bactériennes en possèdent plusieurs comme la bactérie Sinorhizobium meliloti. Cette bactérie est retrouvée dans le sol et est capable de vivre en parfaite harmonie dans les racines des plantes légumineuses. Elle possède 4 protéines Ku et 4 protéines LigD. Une première étude réalisée dans l’équipe suggère que plusieurs machineries de réparation de l’ADN par la NHEJ sont présentes chez cette bactérie. Nous nous demandons (i) à quoi cela peut-il servir d’avoir ce système de réparation en plusieurs exemplaires ? (ii) les partenaires des machineries peuvent-ils être interchangeable ? (iii) est-ce que les protéines impliquées dans la réparation ont une préférence pour certaines extrémités d’ADN ? Pour répondre à ces questions nous allons étudier comment les protéines travaillent ensemble et comment elles travaillent avec l’ADN.

Ces travaux sont réalisés dans le cadre d’un thèse intitulée « Caractérisation des machineries de réparation de l’ADN NHEJ chez Sinorhizobium meliloti “,Financée par  “ANR BacNHEJ” et encadrée par « Claude Bruand (LIPME) et François Lecointe (MICALIS)”.

Védrine Léa